mercredi 21 avril 2021

Vous avez dit Gaslighting ?

A  l'heure où nous recevons de nombreuses sollicitations pour changer de fournisseur d'énergie, voilà que je vous parle de "lighting", soit d'éclairage. Bizarre ? Ne vous inquiétez pas ceci n'est pas une publicité déguisée pour un opérateur, mais un focus sur une transaction relationnelle néfaste nommée "Gaslighting" par les canadiens. De quoi s'agit-t-il ?

L'expression fait référence à un film où un mari resserre l'emprise sur sa femme en lui laissant penser qu'elle est folle, qu'elle a des hallucinations. Comment procède-t-il ? Il baisse l'intensité des lumières dans la maison, mais prétend qu'il n'en est rien quand Madame lui demande naïvement : "N'as-tu pas remarqué que la lumière a baissé ?". Il affirme que c'est elle qui a un problème. Voilà bien, le fin mot de l'histoire : "C'est TOUJOURS toi (l'autre) qui a le problème".

Difficile de vivre dans une relation où l'autre s'applique à vous culpabiliser, à vous dénigrer et à vous faire douter de vous-même. Quel intérêt aurait-on à faire ça me diriez-vous ? Prendre le contrôle sur quelqu'un, rester toujours en position haute dans une relation sans complémentarité. Certaines personnalités difficiles peuvent avoir besoin de ça, hélàs.

Ce petit tableau anglophone propose des réponses adaptées si on se trouve face à une personne pratiquant le "gaslighting" ; cela peut-être dans le couple, ou dans une situation professionnelle :

- Autant que possible, ne vous engagez pas dans le débat.

- Dites : "Nous avons un souvenir différent des choses", ou bien "Je t'entends, mais ce n'est pas mon vécu".

Si la discussion s'envenime, dites "J'arrête là cette conversation", ou bien : "Si tu continues à t'adresser à moi de cette façon, je me retire de cette discussion".

Enfin, tentez : "Je suis ok pour rechercher une solution avec toi, mais je ne suis pas d'accord pour remettre en question mes ressentis".




Suivez l'expression française : n'acceptez pas que quelqu'un veuille vous faire prendre des vessies pour des lanternes !

vendredi 12 mars 2021

Rencontre avec un ogre déguisé en prince charmant...

 



Une femme devient écrivain à 48 ans pour raconter comment elle a été dans sa jeunesse sous emprise d’un homme plus âgé, et comment cette histoire a laissé des stigmates sur toute sa vie. 

Elle avait 14 ans et lui, un célèbre écrivain, 36 ans de plus.  Elle relate comment sa mère, son entourage, n’ont pas voulu/pu la protéger de cette relation amoureuse avec cet « ogre », comme elle le nomme aujourd’hui.  


Les mots de Vanessa Springora dans « Le Consentement » paru en 2020 m’ont semblé tellement justes, que j’ai eu envie de partager sur ce blog certains passages qui parleront à celles/ceux qui connaissent ou ont connu l’emprise. 


Mettre en mots l’indicible permet de pouvoir prendre du recul et se détacher de la situation.


Dans une approche systémique, Vanessa Springora nous présente d’abord le contexte : son enfance au milieu du conflit de ses parents, son père absent, sa mère peu protectrice ; et elle dessine peu à peu le cadre qui fait d’elle « la proie » :


« Un père aux abonnés absents qui a laissé dans mon existence un vide insondable. Un goût prononcé pour la lecture. Une certaine précocité sexuelle. Et surtout, un immense besoin d’être regardée. Toutes les conditions sont maintenant réunies. » p 33


Quand l’écrivain la séduit, elle consent : "Grâce à lui je ne suis plus la petite fille seule qui attend son papa au restaurant. Grâce à lui, j’existe enfin. » p 88


L’emprise se met en place. 

« Je ne sais pas ce qu’est une personne pour qui l’autre n’existe pas » p 133


Elle met en lumière quelques mécanismes à l’oeuvre : 

  • La dépossession "Il existe de nombreuses manières de ravir une personne à elle-même. Certaines semblent au départ bien innocentes" p 81
  • L’instrumentalisation des faits et de l’autre

« Chaque épisode de sa vie est instrumentalisé » p 106


  • La violence morale 

« Je pense encore qu’il n’y a de violence que physique. Et il manie le verbe comme on manie l’’épée. D’une simple formule, il peut me donner l’estocade et m’achever » p 133



Le prince charmant n’est pas charmant. C’est un ogre qui la blesse, l’humilie, la réifie. Deux ans plus tard, la jeune fille commence à pouvoir ouvrir les yeux et sortir de l’emprise : elle nomme ce chapitre " La déprise ".


« Je suis assez grande pour entrevoir l’imposture de la situation » p 133

« Je ne suis plus dupe de son jeu » p 134


« Il tente de brouiller les pistes, d’égarer ce sixième sens qui me permet de plus en plus souvent de détecter ses mensonges. J’ai découvert peu à peu l’étendue de son talent de manipulateur, la montagne d’affabulations qu’il est capable de dresser entre lui et moi. C’est un stratège exceptionnel, un calculateur de chaque instant. Toute son intelligence est tournée vers la satisfaction de ses désirs. » p 146


Elle quitte l’homme et essaie de retrouver le cours de sa propre vie. Mais le vécu douloureux a laissé une « empreinte « .


« Je me sens comme une poupée sans désir, qui ignore comment fonctionne son propre corps, qui n’a appris qu’une seule chose, être un instrument pour des jeux qui lui sont étrangers » 

p 160


« Je ne suis plus qu’une boule de rage qui s’épuise à faire comme si tout allait bien, à donner le change. Cette colère, j’essaie de la taire, je la cache en la redirigeant contre moi. La coupable c’est moi » p 158


«  Et quand je ne peux plus masquer toute cette détresse, je sombre dans des états dépressifs en ne souhaitant plus qu’une chose : disparaître de la surface de la terre » p 158


La « poupée cassée » du Monsieur lutte courageusement pour rester en vie. Elle se fait aider par un psychanalyste, erre, se perd, se retrouve, se reperd à nouveau.. avant de pouvoir dire :


« Il m’en aura fallu du temps pour retrouver chemin de mon propre désir » p 180


« Il m’en aura fallu du temps, des années, pour enfin rencontrer un homme avec qui je me sente pleinement en confiance » p 180



Vanessa Springora libère la parole sur une époque où le statut d’artiste conférait, semblait-t-il une « bonne » excuse pour être au dessus des lois et de la protection de l’enfance. 


Vanessa Springora se libère encore un peu plus de l’emprise.

« Ecrire c’est redevenir le sujet de ma propre histoire. » p 202


Cet ouvrage favorise la résilience. La confrontation au traumatisme et à la blessure viennent étayer la créativité de l’autrice, qui ici, comme sujet résilient, démontre son précieux potentiel qui l’aide à poursuivre sa trajectoire de vie dans de bonnes conditions. 


Et, elle trace avec ses mots un chemin pour d’autres mots, et d'autres résiliences.

lundi 22 février 2021

Le site du CERAS Nouvelle-Aquitaine est en ligne

Le site de la jeune association Centre d'étude et de recherche sur l'approche systémique de Nouvelle-Aquitaine, "fille" du CERAS de Grenoble fondé en 1980, est en ligne : http://cerasaquitaine.org.


Nous sommes heureu.x.ses de suivre la trace de nos avisés prédécesseurs, systémiciens de la première heure, dont bien sûr Yveline Rey. Nous poursuivrons le chemin pour faire connaître l'approche systémique dans l'accompagnement des personnes, familles et institutions. 

Vous trouverez sur le site des actualités, nos événements, des adresses de thérapeutes ... 

En tant que secrétaire de l'association je m'efforcerai de faire du lien avec les autres acteurs de la relation d'aide sur le territoire aquitain, et avec les futur.e.s adhérent.e.s.


lundi 18 janvier 2021

Trouver le chemin malgré l'incertitude


 

En cette année qui démarre, je vous souhaite à tous et toutes de trouver en vous les ressources de force et créativité pour faire face à l'incertitude. 

Un témoignage reçu de Madame C. que j'ai accompagnée m'a fait l'effet d'un beau rayon de soleil :

"Merci de l'aide que vous m'avez apportée et je crois que vous m'avez aussi donné les outils pour passer les grosses vagues !".

Comme quoi une psychothérapeute, c'est presque comme un prof de surf ;-) !

mercredi 2 décembre 2020

La vie continue, le travail sur soi aussi


Vous souhaitez venir en consultation seul-e, en couple, en famille ? C'est possible.

Je mets tout en place pour que vous vous sentiez en sécurité. Le message de confirmation sur votre téléphone sert d'attestation pour le déplacement.

Nous pouvons aussi avoir une consultation en Visio conférence ou par téléphone.

mardi 8 septembre 2020

Auprès des réfugiés à Bayonne

Depuis plusieurs mois, des hommes et des femmes sur la route sont accueillis pour un temps de pause, de transit, à "Pausa" quai de Lesseps à Bayonne. La solidarité citoyenne, avec la création de l'association DIAKITE,  a entrainé les collectivités locales (mairie de Bayonne, et Communauté de Communes) qui ont mis à disposition une ancienne caserne, des ressources humaines et des financements.

Au sein de l'équipe de bénévoles du Pôle Santé de DIAKITE, je passe du temps auprès des accueilli-e-s. Je propose mon écoute, au fil de l'eau... c'est à dire, dans la spontanéité des demandes du jour, et sur un banc face à l'Adour (tant que le temps le permet) !

Aujourd'hui, ce fut une séance collective autour de l'écriture de courrier aux enfants restés dans le pays qu'ils ont quitté... 



dimanche 19 juillet 2020

Les consultations

Les consultations ont lieu au 13 rue des tourterelles à Capbreton, dans une petite rue tranquille, même en pleine effervescence estivale. Pas de problèmes pour se garer ... il faut juste arriver à traverser sereinement le centre ville (en particulier les jours de marché, mardi, jeudi, samedi).

Le coût de la consultation qui dure une heure est de 50 euros. Elles ne sont pas remboursées par la sécurité sociale. 

Lors de la prise de rendez-vous, nous verrons ensemble s'il est pertinent que vous veniez, seul-e, en couple, en famille, en fratrie ...

Les entretiens se font en français, le plus souvent, mais aussi si vous le souhaitez en anglais, espagnol, et allemand

Il n'est pas facile de faire la démarche de demander de l'aide... mais en la faisant, vous vous aidez déjà beaucoup ; j'ai même eu vent d'une étude qui démontre que 50% du travail d'amélioration a déjà lieu entre la prise de rdv... et la rencontre effective avec le thérapeute (oui, je sais, ce n'est pas très valorisant pour nous de lire une telle étude... mais l'important c'est que nos consultants aillent mieux !). En effet, il faut déjà reconnaître que l'on ne va pas bien, pour commencer à aller mieux, n'est-ce-pas ?

Je suis à votre disposition pour toutes les questions que vous vous posez sur une démarche de thérapie au 06 33 74 77 95.

Bel été à toutes et tous !